Nestor, le gardien du haras, portait une casaque serrée
d’une courroie garnie de métal; il avait le fouet derrière
l’épaule et un morceau de pain, dans un linge, à la ceinture.
Il tenait à la main une selle et une bride.
Les chevaux n’eurent l’air ni émus, ni offensés par le ton
railleur du gardien; ils firent semblant de ne pas s’en aper-
cevoir et s’éloignèrent lentement de la porte. Seule, une
vieille jument bai foncé, à la crinière longue, coucha ses
oreilles et tourna vivement sa croupe vers Nestor. La pou-
liche qui se tenait derrière et que ce mouvement ne visait
pas le moins du monde se mit à hennir et profita de l’occa-
sion pour lancer une ruade au premier cheval qui se trouva
à la portée de ses sabots.



